05.12.2008

Politique du logement : « le principe du plus con »

Depuis lundi dernier, le Droit Au Logement Opposable est applicable en France. Autrement dit, les personnes mal logées ou sans domicile peuvent se retourner contre l’Etat si celui-ci ne peut leur trouver une proposition de relogement – à la condition que ces personnes arrivent à se retrouver dans un dédale administratif, ce qui est loin d’être évident.

L’Etat sait depuis deux ans qu’il va être contraint, devant les tribunaux, de garantir un logement à tous ceux qui le demandent. Pourtant, les moyens sont en baisse constante : le plan Marshall des banlieues n’est accompagné d’aucuns crédits, le budget consacré au logement en 2009 est en baisse de 8 % et la droite n’a de cesse d’attaquer la loi S.R.U.

Pire, cette proposition, absurde et choquante, faite par le président Sarkozy, de reloger de force tous les SDF. Si les choses étaient aussi simples, cela se saurait ! Cela veut-il dire qu’il faut violer le plus élémentaire des Droits de l’Homme, la liberté d’aller et venir ? Doit-on enfermer les sans abris qui refusent d’aller dans un foyer, alors même qu’ils n’ont commis aucun délit ? Si les logements d’urgence répondaient aux besoins et aux attentes, personne ne refuserai d’y être hébergé.

La démagogie ne peut être une ligne politique. La crise du logement et l’exclusion ne peuvent se résoudre par des petites phrases. Pour nourrir le débat, je vous propose cette interview de Patrick Declerck, psychanalyste et ethnologue, spécialiste des SDF, qui dénonce « le principe du plus con » qui caractérise ce gouvernement. Un entretien sans langue de bois, sur le fond, qui a le mérite de poser de vraies questions et de faire réfléchir.

 

Commentaires

Patrick Declerc n'a pas à se sentir "cynique" lorsqu'il affirme qu'il faut des morts pour équilibrer le système de "garde-fou" de la déviance sociale qu'il dénonce.
Ce garde-fou se nourrit malheureusement de plus en plus de jeunes gens à peine sortis de l'adolescence. Tous les travailleurs sociaux qui ont affaire à la jeunesse le savent. Certains parents aussi.
En tant que psychanalyste et militante j'aimerai que nous travaillions sur ces questions, que nous construisions des réponses concrètes à ce phénomène. C'est un appel et une proposition.

Ecrit par : katell | 08.12.2008

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