31.01.2009

Colère d’un coté, autisme de l’autre.

3236732568_1410f4d8ae.jpg?v=0D’un coté, des salariés qui manifestent par millions dans la rue. Ils viennent du public, et du privé. De la Fonction Publique d’Etat, de la territoriale, de la défense, de l’hopital, de l’éducation, de la Poste… Ils viennent de l’industrie, des services, des banques… 2 millions de personnes qui défilent dans la rue appelant à une réponse à la crise qui ne les oublie pas.

De l’autre côté, les ministres et leur chef, Nicolas Sarkozy. Ils expliquent d’abord qu’ils écoutent sans tenir compte, qu’il ne faut pas faire grève en période de crise, qu’il ne faut pas manifester après une tempête, que l’arrêt du travail est un mode de revendication dépassé. Mais avec le succès de la mobilisation, ils ne peuvent plus faire comme si de rien n’était. Alors le Président propose de rencontrer les syndicats. Mais qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui est annoncé ?

Rien. Pas d’autre réponse à la crise. Pas de changement dans le plan de relance. Pas de remise en cause des politiques de casse du Service Public. Pas d’ouverture de dialogue avec l’opposition.

Rien ne change. Deux millions de personnes dans la rue, des millions de grévistes, et pas de réponse d’un gouvernement autiste, d’une droite débordée et dépassée.

Ah si, tiens, quelque chose quand même : peut-être peut-on trouver une réponse dans le limogeage d’un préfet qui n’avait pas réussi à éviter des manifestations dans un de ces départements ? En fait c’est bien là la vraie réponse de Sarkozy : la rue n’a pas la parole, la colère du peuple Français n’est qu’une insolence de plus à leur égard.

Il viendra un jour ou cet autisme se retournera contre lui…

27.01.2009

Sanctionné pour refus de travailler le dimanche !

Géant casino.jpgDans sa tentative d’imposer le travail dominical, le gouvernement ne cessait de répéter que cela reposerait sur le volontariat des salariés. Et nous, tout comme les syndicats, de répondre que cette idée de volontariat n’était qu’une vaste illusion, et qu’en réalité les salariés n’aurait pas le choix !

Démonstration par l’exemple...

Un salarié de Géant Casino vient d’être mis à pied trois jours pour avoir refusé de travailler le Dimanche 14 Décembre. Pourtant, cet employé avait fait savoir à sa direction qu’il ne voulait pas se rendre au travail les dimanches de décembre.

Pour les syndicats, l’affaire est claire : la direction a voulu faire un exemple pour mettre la pression sur les salariés. Et montrer ainsi que si le travail du dimanche n’est un choix que pour l’employeur, mais certainement pas pour le salarié !

Le plus grotesque, dans cette histoire, c’est que ce salarié a travaillé tous les Dimanche pendant 7 ans ! Mais, ayant désormais "quelqu'un dans sa vie", il déclarait vouloir "lui consacrer plus de temps". Qui a dis que le travail dominical ne posait pas de problème dans la vie de couple ou la vie de famille ?

J’imagine qu’après cette sombre affaire, il n’est plus besoin de démontrer la nocivité sociale du travail du dimanche. Et dire que le gouvernement va retenter une attaque en mars !

24.01.2009

Tous dans la rue le 29 janvier !

manif lycéens.jpgJeudi prochain, des manifestations seront organisées dans tout le pays pour protester contre la politique de Nicolas Sarkozy.


Casse de l’école et de l’éducation, remise en cause de la justice et politique ultra-répressive, chasse aux immigrés, plan de relance bâclé et sans ambition pour notre pays, précarisation de la société, censure du Parlement, menaces sur l’audiovisuel public… Les sujets de mécontentement sont très, très nombreux. Et la méthode toujours la même : renforcement des privilèges des plus aisés, casse des services publics et des acquis sociaux, mise en œuvre de réformes précipitées sans aucune concertation…


Les conséquences de cette « méthode Sarkozy » sont et seront lourdes !


La France sera plus touchée par la crise que bon nombre d’autres pays de même rang. La précarisation des travailleurs s’accroit, alors que la société se divise, se morcelle, que le gouvernement brise la solidarité et la cohésion sociale.


Face à cette politique, la mobilisation doit être forte et passer un message clair : les français rejettent massivement ces réformes et cette méthode ! Alors que l’opposition va défendre une motion de censure au Parlement, ces manifestations seront autant de motions de censure populaire, pour montrer que les citoyens de notre pays ne sont pas dupes et expriment leurs colères.


Alors mobilisons nous tous ensemble contre la politique du gouvernement et les nombreuses réformes iniques de Nicolas Sarkozy.


Ne les laissons pas faire de la France ce qu’avait fait en son temps de la Grande Bretagne une certaine…Margaret Tatcher!

Descendons tous ensemble dans la rue le 29 janvier !

22.01.2009

Les députés socialistes, rempart pour la démocratie

ayrault.jpgCe qu’il se passe en ce moment à l’Assemblée Nationale est d’une extrême gravité. J’ai déjà expliqué dans un billet précédent pourquoi la limitation du temps de parole de l’opposition était une atteinte profonde au parlement et à la démocratie. Je n’imaginais pas que l’on en arrive à une situation d’une telle gravité.

Hier soir, les députés du Parti Socialiste formulaient dans l’hémicycle des propositions pour trouver un accord qui fasse consensus entre la majorité et l’opposition. A ces propositions, le Président de l’Assemblée Nationale, est sorti honteusement de son devoir d’équilibre. Alors que le débat sur l’article qui pose problème venait à peine de commencer, le il a fait voter à la hussarde l’interruption précipitée des débats sur cet article 13, et le passage à l’article suivant.

Ce véritable passage en force a scandalisé un grand nombre de députés, à gauche bien sûr, mais y compris au sein de la majorité, au Nouveau Centre et certains députés UMP.

Il n’est pas tolérable que les députés soient ainsi privés de débat sur un article qui pose autant de problèmes, et autant de questions. La vérité est bien que la droite a empêché des élus de la république de s’exprimer à propos de ce projet de loi. Mais cela montre bien la volonté du gouvernement et du groupe UMP : bâillonner l’opposition, l’empêcher de s’exprimer et réduire au minimum la capacité des députés à poser sur un projet de loi.

Car c’est bien de ça qu’il est question dans cette réforme : les députés pourront-ils encore influer ou modifier les lois ? La réponse est clairement non. La loi pourra être modifiée par le gouvernement jusqu’au dernier moment alors que cela sera impossible aux députés. Les débats ne seront plus qu’une parodie de travail parlementaire.

Je le dis clairement, et je l’assume : si cette loi passe, les pouvoirs exécutifs et législatifs seront entièrement concentré entre les mains de Nicolas Sarkozy. Alors ne nous étonnons pas de ce qu’il s’est passé hier à l’Assemblée. Lorsque l’Assemblée Nationale a voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940, trente-six députés socialistes s’y sont opposés, envers et contre tout. Alors que Sarkozy tente de s’arroger, en douce, les pleins pouvoirs, tous les députés socialistes feront front, et nous feront tout ce qui est possible pour empêcher cette réforme !

 

 

 

 

 

 

18.01.2009

Lâche et inutile

COR07816.jpgDans la nuit de vendredi à samedi, le local du Parti Socialiste à Carhaix à fait l’objet de dégradations qu’avec les socialistes de la section locale je veux fermement condamner.

En quoi les dégradations commises sur le local du Parti Socialiste à Carhaix peuvent elles faire avancer la cause de l’hôpital de Carhaix ?


N’en déplaise aux courageux peintres de la nuit, les socialistes, à Carhaix, à Brest,  au Conseil général, au Conseil régional ou au Parlement continuent de se battre pour défendre l’hôpital de Carhaix et l’offre de soins dans le Centre-Ouest Bretagne.


Les barbouilleurs anonymes  n’y changeront rien.

Sauf qu’une fois de plus, ils donnent de leur ville une image négative qu’elle ne mérite absolument pas.

15.01.2009

Trop de dons?

don du sang.jpgRoselyne Bachelot viens d’annoncer, dans un entretient paru hier dans Libération, que l’exclusion des homosexuels des collectes de sang serait maintenue. En faisant cela, la ministre prolonge la sélection qu’opère l’Établissement Français du Sang des populations à risque.


Pourtant, on sait parfaitement aujourd’hui qu’au-delà de statistiques froides publiées par l’EFS que ce n’est pas l’orientation sexuelle qui détermine le risque d’exposition au SIDA, mais les pratiques.

Un hétérosexuel changeant très régulièrement de partenaires et ne se protégeant pas à infiniment plus de risques d’être porteur du HIV qu’un homosexuel fidèle et n’ayant eu que des rapports protégés.


C’est une discrimination totalement injustifiée et injustifiable qu’entérine et prolonge la ministre de la santé !


Il est plus que temps de changer d’ère et de revenir sur le principe éculé de population à risque. La sélection doit être en fonction des pratiques à risque et rien d’autre ! Alors cessons cette discrimination qui empêche toute une partie de la population française d’accomplir un acte citoyen et généreux.


Le comble est que, en ce moment même, l’Etablissement Français du Sang lance des campagnes dans tous le pays pour alerter sur les besoins en sang et sur le manque de donneurs. La première mesure pour résoudre cette pénurie ne serait-elle pas de permettre à ceux qui le peuvent, et qui ne font pas courir de risque aux patients, d’aller donner ? Cette ségrégation est elle responsable quand on sait que le manque de sang coûte la vie à des patients, ou empêche de pratiquer certaines opérations ?


Alors n’hésitez pas, aidez les malades et allez donner votre sang… si vous vous en avez la possibilité !

13.01.2009

Le maire délinquant…

ogor-885149-1.jpgPierre Ogor, le maire de Guilers, semble vouloir rester à son siège, droit dans ses bottes. Il va donc devenir, s’il persiste dans sa décision, le premier maire de France à exécuter une peine de prison en poursuivant son mandant comme si de rien n’était. C’est une situation hallucinante : un édile, qui est officier de police judicaire de par sa fonction, va siéger avec un bracelet électronique !

Je trouve ahurissant que certains essaient de minimiser les faits, particulièrement graves ! Qu’un maire, dans l’exercice de son mandat, conduise avec 2,24 g, et qu’il blesse gravement un autre automobiliste, ce n’est pas un fait anodin. Car, dans cette affaire, pense-t-il à la victime ?

Pierre Ogor reconnait avoir fait une erreur - erreur aux conséquences tragiques ! Cela pourrait sembler sincère s’il avait assumé ce délit et ses suites en abandonnant son mandat.
Bien au contraire

Le pire est peut-être de n’en tirer aucune conséquences, et de se permettre de faire comme si de rien n’était. Le pire est peut-être de se permettre de faire la leçon aux personnes qui sont choquées par cette situation. Le pire est surement de ne pas prendre ses responsabilités, et de discréditer sa commune par une situation absurde et inadmissible.

C’est un fait : le maire de Guilers aime à faire la morale aux autres, sans s’appliquer ses grands principes à lui-même. Le 29 janvier 2001, il déclarait sur son blog :

Suite à l’arrêté municipal pris par le Maire interdisant de consommer de l’alcool sur la voie publique Pierre Ogor précise que la mesure lui paraît bonne mais insuffisante pour faire face aux importants problèmes rencontrés actuellement sur la commune. Il souhaite qu’un débat sur ce sujet soit organisé au conseil municipal et regrette le manque d’informations sur les actes répréhensibles constatés.


On voit aujourd’hui que les coupables ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

Car enfin, il faut quand même être d’un incroyable culot pour se servir des vœux de la municipalité, pour défier publiquement les Guilériens, et espérer étouffer l’affaire sans que personne ne dise rien, en critiquant ses opposants sur le sujet ! Il aurait mieux valu faire amende honorable et annoncer son départ à cette occasion. Cela aurait été plus digne, et plus conforme à l’idée que je me fais de la moralité en politique.

Guilers sera, en milieu de semaine, la première commune de France administrée par un délinquant condamné exécutant sa peine. A moins que, dans un sursaut, Pierre Ogor ne revienne sur sa décision. Encore faudrait-il avoir le sens des responsabilités, et du courage politique. Force est de constater qu’il n’a ni l’un, ni l’autre.

10.01.2009

Sarkozy contre la séparation des pouvoirs (suite)

255850703_a267af5d70.jpg?v=0Je l’évoquais jeudi, Sarkozy s’attaque, discrètement mais résolument, à la séparation des pouvoirs, fondement de notre démocratie. C’est d’une part la remise en cause du débat parlementaire, mais c’est aussi l’attaque qui est faite contre les juges d’instructions.

Pour avoir une justice efficace, il faut qu’elle soit indépendante. C’est grâce à cette indépendance que les juges, par exemple, qu’à pu avoir lieu la moralisation de la vie politique dans les années 1980-1990 ; ou que la justice italienne a pu se lancer dans la lutte contre la corruption. C’est aussi grâce à cette indépendance que les procédures pénales peuvent se dérouler sans risque de pression du gouvernement, d’un parti, ou d’un homme, sur l’issue d’un procès.

En France, c’est le juge d’instruction qui est indépendant. C’est lui qui organise l’enquête pour déterminer les faits, et qui instruit à charge et à décharge, c'est-à-dire à pour incriminer ou innocenter un prévenu.

On peut très bien imaginer une justice où les juges ne seraient plus indépendants. Mais alors, il faut que le parquet, les procureurs, soient indépendants, et soient en charge de l’enquête. C’est ce qui se passe, par exemple, en Italie.

 

En France, les procureurs dépendent du gouvernement, et reçoivent leurs instructions du garde des sceaux. Ce que Sarkozy propose, ce n’est pas de rendre indépendant le parquet à la place des juges d’instructions. C’est de rendre ces deux organes dépendant.

Ce serait, après le parlement, le deuxième acte de la fin de la séparation des pouvoirs. Lorsque le parlement ne pourra plus débattre et s’opposer à un texte, et que la justice sera placée toute entière sous les ordres du garde des sceaux, alors tous les pouvoirs seront concentrés dans les mains d’un seul gouvernement, d’un seul parti, d’un seul homme.

Ce type de pouvoir a un nom. C’est une dictature !



Photo : Choudoudou sur FLickr

08.01.2009

Mobilisés contre la guerre

Le Parti Socialiste se joint à l'appel à manifester ce samedi à 15h, place de la Liberté à Brest, pour dénoncer la situation intolérable au Proche-Orient, et en particulier la guerre qui fait rage sur la bande de Gaza.


Le Parti Socialiste condamne fermement l'intervention militaire israélienne, comme les tirs de roquettes du Hamas qui en sont l'origine.

Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit, dont personne ne sortira vainqueur, et qui a déjà fait beaucoup trop de victimes parmi les civils. Cette escalade de violence met en danger toute la région, et au-delà, peut avoir des répercussions jusque dans notre pays.

Le Parti Socialiste exige un cessez-le-feu immédiat, un couloir humanitaire, le retrait des troupes israéliennes hors de Gaza, l'arrêt des tirs de roquette sur Israël et l'installation d'une force internationale de protection.


La solution à ce conflit ne peut être que politique.


Une résolution contraignante pour les deux parties doit être portée au plus vite au Conseil de Sécurité de l'ONU par la France, de manière coordonnée avec nos partenaires européens. L'ensemble de la communauté internationale doit se saisir de cette crise et tout faire pour y apporter des solutions immédiates.


La seule voie politique pour une paix durable au Proche-Orient repose sur la création d'un Etat palestinien viable et l'assurance de la sécurité pour l'Etat d'Israël, et sur la coexistance de deux Etats qui se reconnaissent mutuellement.


Forts de ces convictions, et pour dénoncer la guerre et la crise humanitaire dramatique qui déchire la bande de Gaza, le Parti Socialiste  manifestera ce samedi à Brest, et appelle tous ses adhérents et sympathisants à se joindre à la mobilisation.

Non à la « guillotine parlementaire » !

2466484190_cf5a53afdf.jpg?v=0On parle souvent de l’obstruction parlementaire. C’est, pour l’opposition, le fait de retarder le vote d’un texte par l’utilisation prolongée de son temps de parole et le dépôt de nombreux amendements. Loin d’une querelle stérile, c’est l’un des seuls leviers dont l’opposition dispose pour pouvoir faire son travail à l’Assemblée, puisque l’ordre du jour est fixé par le gouvernement. Cela permet de gagner du temps, d’alerter les médias et l’opinion publique sur des sujets graves, comme la réforme de l’audio-visuel, la remise en cause du repos dominical… Sans ce travail de l’opposition, bon nombre de lois parmi les plus iniques passeraient sans que l’on en entende parler.

Mais voilà, le gouvernement veut remettre en cause cette procédure. Dans le cadre de la réforme constitutionnelle, qui était censée apporter plus de pouvoirs au parlement, Nicolas Sarkozy veut réduire le temps de parole et limiter le nombre d’amendements. Le gouvernement fixe déjà l’ordre du jour du parlement : cette fois, il limiterait en plus le temps de parole des députés, et donc de l’opposition. Le vote de la loi interviendrait comme un couperet, et mettrai fin au débat démocratique pour lequel députés et sénateurs sont élus.

Si cette réforme était adoptée, ce ne serait pas seulement une dégradation du travail parlementaire : ce serait purement et simplement la fin du parlement ! Il n’y aurait plus aucun moyen pour les députés de s’opposer aux lois décidées par un gouvernement qui, dès lors, décréterait ce qu’il veut, sans contre-pouvoir.

Nicolas Sarkozy a déjà fait beaucoup de mal à notre démocratie. Cette fois, c’est un des maillons fondamentaux qui sauterait, marquant la fin de la séparation des pouvoirs, et de la pluralité du débat démocratique.

 

Photo Flickr : Gary Denness sur Flickr

Toutes les notes