Pour avoir une justice efficace, il faut qu’elle soit indépendante. C’est grâce à cette indépendance que les juges, par exemple, qu’à pu avoir lieu la moralisation de la vie politique dans les années 1980-1990 ; ou que la justice italienne a pu se lancer dans la lutte contre la corruption. C’est aussi grâce à cette indépendance que les procédures pénales peuvent se dérouler sans risque de pression du gouvernement, d’un parti, ou d’un homme, sur l’issue d’un procès.
En France, c’est le juge d’instruction qui est indépendant. C’est lui qui organise l’enquête pour déterminer les faits, et qui instruit à charge et à décharge, c'est-à-dire à pour incriminer ou innocenter un prévenu.
On peut très bien imaginer une justice où les juges ne seraient plus indépendants. Mais alors, il faut que le parquet, les procureurs, soient indépendants, et soient en charge de l’enquête. C’est ce qui se passe, par exemple, en Italie.
En France, les procureurs dépendent du gouvernement, et reçoivent leurs instructions du garde des sceaux. Ce que Sarkozy propose, ce n’est pas de rendre indépendant le parquet à la place des juges d’instructions. C’est de rendre ces deux organes dépendant.
Ce serait, après le parlement, le deuxième acte de la fin de la séparation des pouvoirs. Lorsque le parlement ne pourra plus débattre et s’opposer à un texte, et que la justice sera placée toute entière sous les ordres du garde des sceaux, alors tous les pouvoirs seront concentrés dans les mains d’un seul gouvernement, d’un seul parti, d’un seul homme.
Ce type de pouvoir a un nom. C’est une dictature !
Photo : Choudoudou sur FLickr






Je souhaitais revenir sur une annonce faite la semaine dernière par N. Sarkozy, celle de la suppression de la taxe professionnelle.
Une semaine après la très forte mobilisation qui avait rassemblée à travers tout le pays plus de deux millions de Français, le Président de la République s'est offert une heure d'émission, sur mesure, pour tenter de convaincre de la justesse de sa politique.
En grande pompe et en fanfare, François Fillon nous a annoncé fièrement, hier, le contenu du plan de relance. En fait, il nous annonce les projets d’investissement faisant partie du plan de relance, puisque, pour ce qui est de la consommation, du pouvoir d’achat, de l’aide directe aux plus démunis, il n’y a rien…
D’un coté, des salariés qui manifestent par millions dans la rue. Ils viennent du public, et du privé. De la Fonction Publique d’Etat, de la territoriale, de la défense, de l’hopital, de l’éducation, de la Poste… Ils viennent de l’industrie, des services, des banques… 2 millions de personnes qui défilent dans la rue appelant à une réponse à la crise qui ne les oublie pas.
Jeudi prochain, des manifestations seront organisées dans tout le pays pour protester contre la politique de Nicolas Sarkozy.
Ce qu’il se passe en ce moment à l’Assemblée Nationale est d’une extrême gravité. J’ai déjà expliqué dans
Pierre Ogor, le maire de Guilers, semble vouloir rester à son siège, droit dans ses bottes. Il va donc devenir, s’il persiste dans sa décision, le premier maire de France à exécuter une peine de prison en poursuivant son mandant comme si de rien n’était. C’est une situation hallucinante : un édile, qui est officier de police judicaire de par sa fonction, va siéger avec un bracelet électronique !
Je l’évoquais jeudi, Sarkozy s’attaque, discrètement mais résolument, à la séparation des pouvoirs, fondement de notre démocratie. C’est d’une part la